Depuis le début des récentes violences entre le Hamas et Israël la plupart de nos médias expliquent qu’à l’origine du conflit se trouve l’expulsion de familles palestiniennes de leurs maisons au profit de familles israéliennes. Cette affaire n’est pas simple et il est difficile de dire rapidement quelle serait la décision la plus juste. Mais par les seuls mots qu’ils utilisent pour nommer les intervenants ou leurs actions, les médias français diabolisent les Israéliens.

La complexité de l’affaire tient à l’histoire récente de Jérusalem. Après la guerre de 1948, qui a vu plusieurs pays arabes s’opposer à la décision de l’ONU du partage de la Palestine et entrer en conflit avec le tout jeune état hébreu, Jérusalem-Est a été conquise par la Jordanie. Des familles juives installées depuis des siècles dans le quartier alors nommé Shimon HaTzadik ont été chassées de leurs maisons, qui ont été occupées par des familles palestiniennes. Ce quartier, ainsi nommé car construit autour de la tombe de Simon le Juste (très fameux grand prêtre de la période du second temple au IIIe siècle avant JC) est alors devenu le quartier Sheikh Jarrah.

Après la guerre des 6 jours, en 1967, Jérusalem est passée sous la souveraineté israélienne. Une loi a ensuite été votée en 1970 qui prévoit que si une famille juive est en mesure de prouver la présence de ses aïeux avant les expulsions de 1948 elle peut récupérer leur maison. De longues procédures judiciaires ont été lancées, qui sont en train d’aboutir sous la houlette de la Cour Suprême.

On peut discuter à l’infini de ce qu’il conviendrait de faire ici. Les familles palestiniennes (quatre famille représentant une trentaine de personnes) qui sont installées dans ces maisons depuis plus de 70 ans peuvent plaider que si on rétablit ici la situation d’avant 1948 alors il faudrait aussi la rétablir ailleurs. Les familles israéliennes peuvent faire valoir que leur présence autour de la tombe de Simon le Juste est attestée depuis des siècles, qu’ils ont été chassés de chez eux quand les Jordaniens ont conquis Jérusalem et que le fait que ce quartier soit considéré comme le quartier arabe de la ville ne signifie pas que les juifs doivent en être définitivement exclus.

Ce sujet mériterait des débats. Ils n’aboutiraient sans doute pas mais ils auraient le mérite d’exposer la complexité du sujet.

Les médias français ne prennent pas la peine de nous raconter tout cela. Ils prennent parti pour les Palestiniens sans nous expliquer qu’une autre option serait possible. Ce parti pris s’exprime par les mots qu’ils utilisent et qui imposent une réalité dans laquelle le droit est du côté palestinien et les Israéliens toujours coupables.

Les mots les plus simples pour imposer cette réalité sont « colons » pour les Israéliens et « familles » pour les Palestiniens.

Ainsi France Info évoque « La possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est ». Comment ne pas se ranger du côté des familles contre les colons ? Sauf que les Israéliens impliqués ici n’ont rien de colons. La présence de leurs familles sur place est en effet attestée depuis plus de deux mille ans. Les Jordaniens ont expulsé tous les juifs de certains quartiers en 1948, le mouvement dont il est question ici vise à rétablir sur quelques maisons la situation antérieure, nous sommes très loin de la notion de colonisation.

Une remarque au passage : j’ai mentionné en introduction des « familles » palestiniennes et des « familles » israéliennes. Peut-être le lecteur aura-t-il tiqué à la lecture de ces mots tant personne ne nous parle de « familles israéliennes ».

Le Monde va encore plus loin dans la manipulation sémantique : les Israéliens qui réclament ces maisons sont dépouillés de leur nationalité, ils ne sont que des « colons juifs ». Remplacer « israélien » par « juif » c’est renforcer la notion de colonisation. Ce ne sont même plus de citoyens israéliens qui en tant que tels réclament l’application de la loi de leur pays. Ce sont des colons apatrides.

Rien ne justifie leur présence dans la région. Ils ne s’y immiscent, nous suggère-t-on, que sous le fallacieux prétexte de leur religion.

Quant à RFI, dans un article qui entre pourtant un peu plus dans les détails, elle nous parle de « colons israéliens déterminés à s’accaparer » les maisons des Palestiniens. Inutile de lire le reste de l’article pour savoir qui sont les gentils et qui sont les méchants.

Une fois de plus aucun de ces médias ne se montre clairement hostile à Israël. Ils n’encouragent personne à haïr Israël ni bien sûr à le détruire. Ils ne disent même pas très clairement que ce pays est nuisible. Ils se contentent de nous le faire comprendre très efficacement pas les mots les plus simples. C’est une incitation à la haine à bas bruit.

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