L’écriture inclusive prétend rendre les femmes plus visibles en modifiant une grammaire qui ferait la part trop belle au genre masculin, et donc aux hommes.

En réalité c’est le contraire qui est vrai. L’écriture inclusive ne valorise en rien les femmes.

A l’opposé une présentation adéquate de notre langue « académique » (rebaptisée « écriture exclusive ») permet de montrer qu’elle leur donne une prééminence visible. 

Pour choisir un exemple d’écriture inclusive on ne saurait trouver meilleure source que le « Guide Pratique Pour une communication publique sans stéréotype de sexe ». Ce guide affirme préconiser l’usage de l’écriture inclusive « pour que les femmes comme les hommes soient inclus.e.s, se sentent représenté.e.s et s’identifient ». 

Outre sa complexité et une certaine laideur, la principale critique adressée à cette forme d’écriture est qu’elle est impraticable à l’oral. On ne peut pas prononcer les ajouts marquants le féminin, sauf à ânonner « point e point s ».

Mais il y a beaucoup plus grave, et ce n’est pas souvent relevé.

Le féminin n’apparaît que comme un ajout au masculin, ce simple « e » encadré par des points et détaché du radical du mot. Le mot masculin figure au complet et le côté féminin n’est incarné que par cette lettre souvent muette et donc invisible. Je doute que les femmes puissent se sentir « incluses » ou « représentées » par cet ajout typographique. Quant au fait de s’identifier, n’y pensons même pas. La femme n’est donc absolument pas valorisée par cette écriture qui par conséquent n’atteint pas son but.

Or une solution simple, et en fait évidente, permettrait aux femmes d’être mises en valeur et de s’identifier facilement. Il s’agit d’une écriture que nous appellerions « Ecriture exclusive » mais qui en réalité est parfaitement identique à notre grammaire actuelle.

L’écriture exclusive considère la femme comme synonyme de pureté et l’homme comme source d’impureté (cette vision fait écho aux discours des néo-féministes les plus engagées, elles devraient donc logiquement adhérer à notre proposition).

Nous proposons de définir un genre pur, qui serait réservé aux sujets exclusivement féminins, et un genre impur qui s’imposerait dès que le sujet inclurait un élément masculin. Pour conserver une pureté indiscutable au genre pur, le simple soupçon d’une impureté, autrement dit le doute sur la présence d’un élément masculin, suffirait à faire basculer le sujet dans le genre impur.

Ainsi les femmes pourraient s’identifier avec certitude : l’usage du genre pur signalerait sans ambigüité une population exclusivement féminine. Le genre impur quant à lui regrouperait aussi bien les sujets masculins que les assemblages douteux.

On l’a compris, le nouveau genre pur adopterait les caractéristiques de l’ancien genre féminin et le nouveau genre impur celles de l’ancien genre masculin.

Quelques exemples simples de cette écriture exclusive :

« Ma femme et ma fille sont présentes » (sujets exclusivement féminins, genre pur).

« Mes fils sont présents » (sujets exclusivement masculins, genre impur).

« Mes enfants sont présents » (doute sur le genre des sujets, genre impur).

On le voit, c’est très intuitif.

Grâce à cette écriture les femmes sont clairement représentées et peuvent s’identifier avec certitude aux sujets du genre pur. Les hommes n’ont pas ce privilège puisqu’un sujet de genre impur peut aussi bien être exclusivement masculin (mes fils) qu’un mélange de masculin et de féminin (mes enfants). Ils ne peuvent donc pas s’identifier au sujet, ils sont invisibilisés. Avec l’écriture exclusive on cesserait enfin de considérer que le masculin l’emporte sur le féminin, la prééminence revenant clairement au féminin.

Cette solution présente en outre un avantage considérable : la grammaire qu’elle propose est en tous points identiques à la nôtre ! Ainsi même les antiféministes les plus obtus utiliseront l’écriture exclusive de manière automatique et donneront donc sans le savoir la primauté aux femmes. Continuant bêtement à manier le féminin et le masculin ils auront basculé de fait dans l’écriture exclusive avec les nouveaux genres pur et impur.

Mieux que cela : tous les auteurs anciens, témoins d’une époque où la femme était le plus souvent méprisée, pourront être transcrits en écriture exclusive sans changer une lettre à leurs écrits. Proclamons « genre pur » le genre féminin, « genre impur » le genre masculin et nous écrirons tous dans une écriture exclusive qui permettra de distinguer les femmes.

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